Verre de vin

 

Mohammed Bennis


Une main bouge
pulsation sur la peau des mots
Du bas du verre
Jour que ne voile pas la nuit
Nuit
qui fond dans l’eau du jour
Jour et nuit
jaillissant d’un même feu
Silence épais, me voici assis devant
la fenêtre de l’incertitude, comme si je regardais
la nébuleuse
en riant
Je laisse le vent transpercer mes doigts
Dans ce lieu indéterminé
j’entends le crissement
Peut-être est-ce la mort

Lumière se reflétant dans le fond du verre
Peut-être
as-tu appelé
dans le soir du fleuve
ne sachant pas
comment de
ses hauteurs tombe
le verre


Les gens du vin dans leur verger
derrière les bigaradiers
assis
Les effluves des fleurs mettent leur présent
sur la voie de mille métaphores
Ils ne font pas attention à moi
mais
je jouis calmement de ce qui se forme
dans une région non gardée
Les arpèges
du luth arrachent le temps à ses ruines
Ta liberté est de te réjouir maintenant
C’est ainsi que les mots se sont cachés
dans une paume bleue
L’air accroît les souvenirs
les laisse rouler

légers
sur le versant du vide
Forêt d’air
ce verre

Mohamed Bennis

 

 

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